Sujet et Incertitudes

Journée d'étude 2022

Samedi 8 Octobre, 2022 en visioconference
Traduction simultanée en anglais

info@cliniquelacanienne.org

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ARGUMENT

Depuis la nuit des temps, notre monde est « parcouru de part en part d’incertitudes, dans son développement historique, politique, stratégique et social comme dans tous les domaines du savoir »1 . Nous avançons donc à l’épreuve des incertitudes qui tissent non seulement un avenir indéterminé mais qui nous font « réfléchir sur le problème même du devenir de la vie, de l’histoire, de l’histoire de la vie, de l’histoire de l’humanité »2. Et en même temps nous progressons sur un lit de convictions que sont les aprioris propres à chaque discours. 

Dans la clinique psychanalytique, l’incertitude est caractéristique du névrosé. Pour lui « le pire n’est pas toujours sûr »3, il se maintient davantage dans une position « d’heureuse incertitude »4, préférant ne rien vouloir savoir de ce qui fait sa singularité. Mais pour ceux animés d’un désir de savoir, comment l’analyse répond-elle à la question que pose l’analysant sur son être ?

De son côté le psychotique et particulièrement le paranoïaque, vit dans une inquiétante certitude. Il sait mais questionne la réalité qui n’est pas conforme à sa certitude délirante souvent fondée sur fond d’énigme. Qu’est-ce qui dans la psychose devient alors certain et comment ?

Évoquer la question de la certitude c’est mettre aussi en lumière son lien avec la croyance et la conviction. C’est penser le rapport qu’entretient chacun de ces termes avec le savoir qui se dévoile dans une cure. En quoi donc la croyance, la certitude et la conviction nous amènent à questionner la position de la psychanalyse dans l’époque et du psychanalyste dans sa pratique ?

Enfin, la question de l’identité de genre d’un individu sexué tombe au cœur même de notre réflexion. Nous n’en sommes plus à considérer la différence des sexes comme un effet qui relève de la nature. Quel est donc ce « caractère inconnu que l’anatomie ne parvient pas à saisir »5 et qui marque la position féminine ou masculine d’un sujet ? En ce sens comment un sujet peut-il se définir comme homme, femme ou autre ?

Nous n’avons pas fini d’interroger le sujet avec ses convictions, ses certitudes comme ses incertitudes. En fin de compte ne sommes-nous pas tous dés-orientés du langage ? Ce malaise, la psychanalyse ne cesse de l’interroger au pied du processus de subjectivation de chacun. Ces quelques interrogations trouveront réponses dans les débats que ne manqueront pas de susciter les intervenants au cours de la journée.


[ 1] Spyros Théodorou, in Spyros Théodorou (dir.), Lexiques de l’incertain, Marseille, Éditions Parenthèses, 2008, p. 7 (textes de Philippe Borgeaud, Pascal Picq, Henri Atlan et al.).

[2] Edgar Morin, « Quel avenir pour l’espèce humaine ? », in collectif, Les Clés du xxie siècle, Paris, Seuil-UNESCO, 2000, p. 83.

[3] Jacques Lacan, L’identification, op. cit., leçon du 28 mars 1962, p. 211.

[4] Lacan J., Le Séminaire, livre III, op. cit., p. 87. 

[5] S. Freud, Nouvelles conférences sur la psychanalyse (1915-1916) trad. Anne Berman, 1936, Les classiques des sciences sociales, Chicoutimi, Université du Québec,

   http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/nouvelles_conferences/Nouv_conf_psychalyse.pdf, 69.